wild

katharina wild
architecture et dessein culturel

La sculpture comme lieu

Mémoire, 84 pages

« La sculpture a plusieurs inconvénients qui sont la conséquence nécessaire de ses moyens. Brutale et positive comme la nature, elle est en même temps vague et insaisissable, parce qu’elle montre trop de faces à la fois. C’est en vain que le sculpteur s’efforce de se mettre à un point de vue unique ; le spectateur, qui tourne autour de la figure, peut choisir cent points de vue différents, excepté le bon, et il arrive souvent, ce qui est humiliant pour l’artiste, qu’un hasard de lumière, un effet de lampe, découvrent une beauté qui n’est pas celle à laquelle il avait songé. »1 Dans cet extrait du texte ‘Pourquoi la sculpture est ennuyeuse’, chapitre XVI du Salon de 1846, Charles Baudelaire critique un trait constitutif de la sculpture, sa présence dans l’espace, qui permet au spectateur de l’appréhender à partir d’une infinité de points de vue. En mettant en lumière la possibilité de multiples perceptions et donc de compréhensions de l’œuvre différentes (ou « erronées » par rapport aux objectifs de l’artiste) selon la place et le mouvement du spectateur, Charles Baudelaire apporte de premiers éclaircissements sur le thème que nous allons tenter d’explorer, à savoir le rapport entre la sculpture et le lieu.

1 Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques L’art romantique et des autres œuvres critiques, Salon de 1846, Éditions Garnier Frères, Paris, 1962, p. 188


PDF

Texte complet La sculpture comme lieu


1/2

Next project: → Carl Andre - sculpture et poésie

Previous project: ← Carl Andre - sculpture et poésie

La sculpture comme lieu "House", Rachel Whiteread, London, 25.10.1993 – 11.1.1994
La sculpture comme lieu "Pulitzer Piece - Stepped Elevation", Richard Serra, Saint-Louis, 1970-71